Questions-Réponses

 

Le dépistage du cancer colorectal

En 2005, on estimait à 37 400 environ le nombre de nouveaux cas de cancer colorectal en France. Le cancer colorectal se situe ainsi au 3e rang des cancers les plus fréquents derrière le cancer de la prostate (62 245 nouveaux cas) et le cancer du sein (49 814) et au 2e rang des décès par cancer (17 000)*. Le pronostic associé au cancer colorectal est étroitement lié au stade de développement de la maladie au moment du diagnostic. Ainsi, lorsque le cancer colorectal est dépisté et traité à un stade précoce (stade I, cancer superficiel dans la paroi de l’intestin), le taux de survie à 5 ans est de 94%. D’où l’intérêt de détecter le plus tôt possible ce cancer ou les lésions précancéreuses qui le précèdent (certains polypes peuvent, en effet, évoluer vers un cancer). Toutefois, le cancer colorectal est encore trop souvent diagnostiqué tardivement. Cela s’explique par le fait qu’il évolue généralement dans un premier temps sans donner de symptômes.
Le dépistage organisé du cancer colorectal a été généralisé à la fin de l’année 2008. Des structures de gestion sont chargées d’organiser ce dépistage à l’échelon départemental en lien avec les professionnels de santé concernés. Concrètement, elles invitent tous les 2 ans par courrier les hommes et femmes âgés de 50 à 74 ans à consulter leur
médecin généraliste afin d’aborder la question du dépistage du cancer colorectal. Le médecin leur remettra alors un test, s’il s’avère indiqué dans leur cas.

 

 

Qui est concerné ?

L’opportunité d’un dépistage, l’âge auquel le réaliser, le rythme et les modalités de la surveillance ou d’investigation varient selon les personnes. On distingue trois types de profils différents :

Les personnes à risque moyen de cancer colorectal (la majorité des cas) :

Les hommes et femmes de plus de 50 ans sans symptômes apparents ni histoire familiale constituent la population présentant ce qu’on appelle un risque moyen de cancer colorectal : 94% des cancers colorectaux surviennent après cet âge. C’est à eux qu’est destiné le test de recherche de sang occulte dans les selles dans le cadre du programme de dépistage organisé mis en place par les pouvoirs publics. La réalisation de ce test est recommandée tous les deux ans. Dans l’intervalle, il est important de surveiller les signes d’alerte et de consulter un médecin en cas de doute :

  • Présence d’un saignement dans les selles (rectorragie ou méléna), qu’il ne faut pas attribuer spontanément à des hémorroïdes sans avis médical
  • Troubles du transit d’apparition récente : diarrhée ou constipation inhabituelle ou alternance de ces deux troubles
  • Douleurs abdominales inexpliquées et d’apparition récente
  • Amaigrissement inexpliqué

Les personnes à risque élevé de cancer colorectal (15 à 20% des cas)

Il s’agit :

  • des personnes qui ont déjà eu un premier cancer ou un adénome de plus d’un centimètre ou un premier cancer colorectal
  • des personnes dont un parent proche (père, mère, frère, sœur, enfant) a été atteint d’un cancer de l’intestin avant 65 ans, et de celles dont deux parents ont été atteints quel que soit l’âge du diagnostic
  • des personnes atteintes de maladie inflammatoire chronique de l’intestin étendue au moment du diagnostic et évoluant depuis plus de 20 ans.

La méthode de dépistage préconisée pour ces personnes est la coloscopie dont le médecin déterminera la fréquence, en fonction du profil et des antécédents du patient.

Les personnes à risque très élevé de cancer colorectal (1 à 3% des cas environ)

Certains cancers colorectaux, rares, sont liés à une maladie héréditaire : des gènes défectueux peuvent être transmis d’un parent à son enfant.
Présentent ainsi un risque très élevé de développer un cancer colorectal :

  • Les membres d’une famille atteinte de Polypose Adénomateuse Familiale (PAF) caractérisée par la présence de très nombreux polypes sur le tube digestif.
  • Les membres d’une famille avec HNPCC (Hereditary Non Polyposis Colorectal Cancer ou cancer colorectal héréditaire non polyposique), également appelé syndrome de Lynch.

Une consultation d’oncogénétique est proposée en cas de suspicion d’une forme familiale de cancer colorectal. Les personnes à risque très élevé de cancer colorectal bénéficient d’un suivi spécifique.

 

Comment le dépistage se déroule-t-il ?

Les hommes et les femmes de 50 à 74 ans sont invités tous les 2 ans par courrier à retirer un test de dépistage chez leur médecin traitant. Compte tenu de l’histoire personnelle et/ou familiale de chacun, le médecin traitant détermine si ce test est approprié. Si tel est le cas, il le remet et explique comment le réaliser.
Le test, gratuit, est simple et à faire chez soi. En pratique, il consiste à prélever, sur trois selles consécutives, deux petits fragments de la taille d’une lentille ou d’un grain de riz qu’il faut déposer sur une
plaquette. La plaquette est ensuite à envoyer à un centre de lecture à l’aide de l’enveloppe préaffranchie fournie avec le test. Le centre de lecture transmet ensuite les résultats du test au patient, à son médecin traitant ainsi à la structure départementale en charge de l’organisation des dépistages en vue de l’évaluation du programme de dépistage.

Un test négatif (97 à 98% des cas) signifie qu’aucun saignement n’a été détecté. Mais il peut arriver que certains polypes ou cancers ne saignent pas au moment des prélèvements. Il est donc très important de refaire le test 2 ans plus tard et de surveiller les signes d’alerte dans l’intervalle : présence de sang dans les selles, troubles du transit d’apparition récente : diarrhée ou constipation inhabituelle ou alternance de ces deux troubles, douleurs abdominales inexpliquées et d’apparition récente, amaigrissement inexpliqué. Ces signes sans évoquer obligatoirement la présence d’un adénome ou d’un cancer colorectal, doivent conduire le patient à consulter son médecin traitant sans attendre le délai de 2 ans.

Un test positif (2 à 3 % des cas) ne signifie pas que l’on a un cancer : il indique que du sang a été détecté dans les selles. Pour en identifier l’origine, le médecin prescrit alors une coloscopie.

 

Quels sont les examens de dépistage ?

Le dispositif de dépistage s’appuie aujourd’hui sur une stratégie en deux temps pour la population à risque moyen de cancer colorectal : le test de recherche de sang occulte dans les selles et, en cas de positivité, la réalisation d’une coloscopie.

Le test de recherche de saignement occulte dans les selles

La coloscopie

La coloscopie est actuellement l’examen de référence pour mettre en évidence d’éventuelles anomalies du côlon ou du rectum.

Lorsque le médecin prescrit une coloscopie, il explique à son patient la manière dont se déroule cet examen, ses avantages et ses rares complications. Il s’agit d’un examen qui permet de visualiser l’intérieur de l’intestin à l’aide d’un tube souple comportant des fibres optiques. En plus de cette observation, le médecin peut si nécessaire procéder à une biopsie (prélever un fragment de tissu intestinal) ou enlever des polypes qu’il a repérés. La coloscopie est réalisée par un gastro-entérologue, le plus souvent sous anesthésie générale. Elle peut être pratiquée en hôpital de jour : la personne sort le soir même de l’examen.

 

A qui s’adresser ?

On peut s’adresser à son médecin, généraliste ou gastroentérologue ou si l’on a plus de 50 ans à la structure en charge de l’organisation des dépistages (structure de gestion) de son département.

 

Est-ce remboursé ?

Le test de recherche de sang dans les selles est gratuit dans le cadre du dépistage organisé du cancer colorectal. Il est cependant remis au cours d’une consultation chez le médecin traitant. Celle-ci est prise en charge dans les conditions habituelles par l’Assurance maladie. La coloscopie, quand elle est prescrite, est également prise en charge par l’Assurance Maladie dans les conditions habituelles.

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